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Entre les mailles du filet...
la liberté ! |
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Une maison sur l'eau, mais les pieds bien sur terre, Monsieur Junod et son père - derniers pêcheurs en ville de Neuchâtel - assurent la pérennité de cet art.
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Nicolas Vieille et Samira Sid Ahmed |
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Modeste, le fils sait néanmoins comment obtenir les perches convoitées, malgré les caprices de la nature. Il reste, avant tout, un passionné.
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Depuis combien de temps pratiquez-vous la pêche ?
Cela fait 28 ans que je pratique... J'ai commencé à 18 ans.
La pêche est-elle une tradition familiale ?
Oui, nous sommes tous pêcheurs dans la famille. Nous sommes des passionnés.
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La pêche est-elle votre « gagne-pain » ?
Bien sûr. Je ne vis que de la pêche ; ma femme travaille comme infirmière en psychiatrie.
Vous savez, la pêche est « irrationnelle ».
Il y a de nombreux facteurs : courant des eaux, temps, pression atmosphérique font bouger les poissons.
La pêche est-elle une passion pour vous ?
Oui, car si l'on n'aime pas ça, on ne pêche pas.
Il faut aussi avoir des passions dans la vie ! |
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Comment organisez-vous vos journées ?
Je me lève à 4 heures. Comme je me suis axé sur les perches, je vais tendre mes filets à 5 heures. Il me faut environ une demi-heure pour accéder à la bonne place, vers le Nid-du-Crô. Trente minutes plus tard, je vais les relever.
Ensuite, suivant la quantité de poissons pris, je décide : s'il y en a assez, je rentre. Dans le cas contraire, je vais tendre ailleurs d'autres filets, à une profondeur de 10 à 15 mètres. Parfois, je pose des filets pour l'après-midi. De toute façon, je dois être chez moi à 10 heures afin de m'occuper des clients.
En outre, il me faut démailler (enlever les perches du filet), parer (remettre les filets en ordre), ranger mon bateau, puis... je dîne, fais une sieste et je repars sur le lac.
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Qu'est-ce qui vous attire dans ce métier ?
Ce qui m'attire, c'est la liberté - même si elle coûte cher - le contact avec les animaux. Je suis émerveillé par les levers de soleil, par les oiseaux : en particulier par les mouettes et les goélands.
Depuis combien de générations exercez-vous cette profession ?
Normalement, on devient pêcheur de père en fils, mais chez nous, c'est le contraire. Mon père était horloger à La Côte-aux-Fées, et a toujours aimé la pêche. Il avait un ami pêcheur, et c'est grâce à lui que je me suis passionné pour cette profession.
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Pouvez-vous pêcher toute l'année ?
Non, il y a des périodes de protection, notamment durant la fraie. Cela mis à part, nous sommes libres.
Faut-il un permis de pêche ?
Oui, il y a un examen. Ensuite, on délivre un permis annuel.
Comment écoulez-vous le poisson ?
Je vends une partie de ma pêche aux particuliers et le reste aux restaurateurs.
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Pouvez-vous garder toutes les espèces de poissons que vous prenez ? Y a-t-il des restrictions ?
Non, il y a des restrictions. En outre, il faut tenir compte des mesures minimales pour les poissons nobles : ombles, truites, bondelles, palées, perches et brochets.
Quelles sont les conditions idéales pour la pêche ?
Il faut surtout une année ensoleillée pour que l'eau se réchauffe et qu'elle devienne trouble, ainsi le poisson voit moins bien les filets.
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Il y a quelques années, tous les pêcheurs se plaignaient de la pollution. Maintenant, c'est le contraire. Expliquez-nous pourquoi ?
En effet, maintenant que l'on a dépollué l'eau, elle est devenue trop claire. De plus, il y a beaucoup d'algues microscopiques qui se développent et salissent nos filets. Tout cela empêche de bien pêcher.
On dit que des gens jettent des écrevisses et des tortues dans le lac, et que ces dernières - qui viennent de Californie - cisaillent les filets ?
Des inconscients achètent des animaux venant d'autres pays : tortues, écrevisses. Puis, quand ils en ont « assez », ils les relâchent dans la nature. Il faut savoir que mettre des animaux « étrangers » dans nos lacs est néfaste, car cela gêne le biotope (tout ce qui régit la vie dans un lac ou un lieu quelconque).
Les écrevisses ne cisaillent pas les filets, mais elles nous dérangent dans notre travail et nous procurent inutilement un surcroît de labeur.
Avez-vous d'autres passions ?
Je pratique volontiers la chasse et la cueillette des champignons. Et j'ai également réalisé deux expositions de peinture.
Comme M. Junod nous l'a bien fait comprendre, la pêche, si elle était une science, ne serait pas exacte... C'est plutôt une « histoire de passion ».
De fils en père - et non comme le veut la tradition, de père en fils - cette sympathique famille se nourrit de passions et de poissons !
Si la vie était à l'image de ce pêcheur, on en reviendrait aux choses simples et aux petits plaisirs gratuits. |
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Denis Junod
Courberaye 16
(de 10 h à 12 h)
2012 Auvernier
Tél. 032 731 80 83 |
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